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Par : patlabar
Publié : 27 avril 2009

Vers la fin d’une agriculture intensive ?

La journaliste Marie-Monique Robin, auteur du livre et réalisatrice du film Le monde selon Monsanto sera à Pontivy ce mardi. Pour débattre des conséquences d’une agriculture intensive. Entretien

Votre livre est paru en mars 2008. Pensez-vous que la situation peut changer grâce, entre autre, à votre travail ?

Absolument, les esprits changent. Pour Monsanto, les mauvaises nouvelles s’accumulent. La culture de l’OGM 810 vient d’être interdite en Allemagne, à la suite de cinq pays européens, dont la France. Les cultures deviennent résistantes à certains pesticides, comme le Round Up, lui aussi produit par Monsanto. Nous pouvons raisonnablement penser que l’agriculture intensive disparaîtra et avec elle l’usage de ces produits. Je suis très optimiste.

Comment vous êtes-vous intéressée à une firme comme Monsanto ?

Je suis journaliste depuis 25 ans et j’ai fait de nombreux reportages sur les questions agricoles dans le monde. À chaque fois, je retombais sur Monsanto ! Ils sont partout. J’ai commencé à collecter des informations, pour arriver finalement à cette enquête.

Lors des rencontres que vous organisez dans le monde entier, vous arrive t-il d’être face à des personnes sceptiques ?

Non. Mon livre, et le film, sont imparables. J’ai vérifié la moindre information. En général les gens sont très choqués, mais je n’ai rencontré personne qui m’ait dit « je ne vous crois pas ».

Vous connaissez bien cet environnement ?

Mes parents étaient agriculteurs, en intensif. Ils avaient créé un groupement avec cinq agriculteurs. Ils utilisaient énormément de pesticides. Sur les cinq, deux sont morts, d’un cancer du foie et d’une leucémie. Un troisième, mon oncle, est atteint d’un cancer de la prostate. Aujourd’hui ils font le rapport. Chez vous, en Bretagne, avec l’envol de l’intensif ces trente dernières années, il serait intéressant de connaître le nombre de malades chez les agriculteurs.

Comment réagissent-ils quand ils découvrent votre film ?

Ils sont très émus. Ce sont des victimes, mais il y a un fort sentiment de culpabilité. Pourtant ils ne savaient pas, une firme comme Monsanto n’a jamais émis le moindre doute sur les risques sanitaires de ces produits.

Que peuvent-ils faire ?

Je les pousse à porter plainte contre X. Évidemment, il est très difficile de prouver le lien direct entre un cancer et l’usage d’un pesticide. Mais si de très nombreuses personnes commencent à porter plainte, il y aura forcément une réaction. Les pouvoirs publics ne pourront pas ignorer le problème. J’ai d’ailleurs en tête le projet d’une fondation, pour aider ces victimes à porter plainte.

Quel sera le sujet de votre prochaine enquête ?

L’impact des pesticides sur la santé justement. De façon générale les causes environnementales des cancers. Il est clair qu’il y a une augmentation très importante des cancers depuis 25 ans. On peut la mettre en lien avec l’usage des pesticides. Tant pour les agriculteurs qui y sont directement exposés, que pour le consommateur.

Recueillis parIsabelle JARJAILLE. Ouest-France

Voir en ligne : Site Pontivy Ma Ville