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Par : patlabar
Publié : 30 mars 2011

Céline Ferlat : les soucis d’une apicultrice

Article paru dans Ouest-France du 11 mars 2011

Céline Ferlat devant quelques-unes de ses ruches. / Ouest-France

Pour cette professionnelle des abeilles, la mortalité des ruches est un problème de plus en plus alarmant. Elle tire la sonnette d’alarme. En avant-première de ses interventions auprès des élèves du lycée du Blavet et de l’école publique Quinivet, dans le cadre de leur projet d’année autour des abeilles, Céline Ferlat parle de son métier d’apicultrice et des problèmes engendrés par la disparition de ces insectes pollinisateurs.

En effet, le déclin des populations d’abeilles est un problème à l’échelle mondiale. C’est en grande partie elles qui, par leur action pollinisatrice, permettent aux fruits et légumes de finir dans nos assiettes.

Pesticides en cause

Ingénieur en agriculture, ex-formatrice en apiculture et apicultrice, Céline Ferlat est installée depuis près de quinze ans à Lignol, grâce à Cyril Bigoin. Elle observe le déclin des abeilles depuis plusieurs années : « Pourquoi, sur l’île d’Ouessant, le taux de mortalité des abeilles n’est-il que de 5 % alors qu’ici il varie entre 30 % et... 95 % dernièrement, chez une collègue ? Ce n’est pas un problème de migration, car un essaim ne part jamais sans sa reine. Quant aux parasites et autres maladies, on sait les traiter efficacement avec des produits naturels... »

Pour la professionnelle des abeilles, la cause de cette mortalité est plus à chercher du côté de l’agriculture. « Je ne l’expliquerai pas de façon scientifique, je ne le suis pas. Mais, je suis convaincue que les pesticides utilisés aujourd’hui en agriculture en sont, en grande partie, la cause. »

Un avenir incertain

Mais pour Céline Ferlat, la faute n’incombe pas aux agriculteurs mais plutôt à la législation qui leur permet d’utiliser ces produits nocifs pour les ruches. « Comment comprendre par exemple que les semences de maïs enrobées Cruiser sont autorisées en France, alors qu’elles sont interdites en Allemagne et en Italie, précisément à cause des ravages que fait cet insecticide chimique chez les abeilles ? Lorsqu’on réduit la quantité de pesticides, mais qu’on augmente leur toxicité, où est le progrès ? », interroge-t-elle.

Une situation qui alarme les professionnels du secteur, qui doivent faire face à des coûts de plus en plus importants. Si, il y a trente ans, un apiculteur pouvait vivre de l’exploitation de 150 à 200 ruches, aujourd’hui il lui en faut facilement le double. « Et nous devons systématiquement faire de l’élevage de reines... Sans compter que le frelon asiatique, mangeur d’abeilles, est déjà aux portes de la Bretagne... », ajoute Céline Ferlat.

Ouest-France