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Par : patlabar
Publié : 23 février 2008

1ère Assemblée générale de Kaol Kozh*

le dimanche 2 mars à 11H00 à Mûr de Bretagne

Vous êtes paysan, jardinier, vous cultivez des anciennes variétés dans vos champs, au fond de votre jardin, venez nous rejoindre ! Aujourd’hui, de nombreuses espèces ou variétés de légumes sont en passe de disparaître. Pour autant il existe encore des choux de Lorient, des oignons d’Erdeven, des haricots coco de Pont l’Abbé ou de Belle-Ile. Que nous soyons paysans, jardiniers ou simples consommateurs, cette diversité nous appartient à tous car il s’agit du résultat du travail de nos ancêtres, au sens large. C’est à partir de ce constat et par une réelle volonté de remettre sur les étals des variétés oubliées et bien adaptées à nos terroirs qu’un groupe de paysans et de consommateurs ont créé en 2007 l’association Kaol Kozh. Kaol Kozh signifie « vieux choux » en breton, et « bien commun » en russe. Les personnes à l’origine de l’association pensent que les semences doivent être accessibles à tous ceux qui ont la volonté de les faire vivre.

Kaol Kozh lance aujourd’hui un « appel à semences » : si vous cultivez et multipliez une vielle variété locale de légume, ou d’une autre plante alimentaire, et que vous souhaitez la voir perdurer, prêtez-nous en un échantillon que nous vous rendrons la saison suivante, avec, en prime, un échantillon d’une autre variété au choix parmi notre collection. Un fonctionnement local et solidaire : Kaol Kozh a un rôle d’inventaire et de conservation des espèces et variétés délaissées existantes sur le territoire. Ce potentiel génétique bien que présent sur les fermes et les jardins de la région n’est plus transmis et est voué à l’extinction. Le recensement puis l’observation de ces variétés permettra d’une part leur conservation et d’autre part pour les plus intéressantes d’entre elles leur réapparition dans nos assiettes. Kaol Kozh est investi d’une mission pédagogique. Elle forme ses adhérents à la production et au triage des semences, condition nécessaire à la survie du patrimoine variétal breton. La production de semences apporte aussi une plus grande autonomie aux producteurs aujourd’hui tributaires d’entreprises semencières proposant des produits standardisés. Notre rôle pour le développement de la biodiversité passe par la sensibilisation et l’information du grand public à la diversité des produits végétaux, leurs goûts, leurs formes, leurs couleurs et leurs usages. Enfin, l’association souhaite devenir actrice et force de proposition auprès des instances nationales et européennes sur le thème des semences et variétés adaptées à l’agriculture biologique et servira de lien avec les autres structures travaillant sur les semences (réseau semences paysannes, ITAB, triptolème, …).

Rendez vous le dimanche 2 mars 2008 à Mûr de Bretagne pour découvrir des initiatives bretonnes en matière de préservation de la biodiversité et rencontrer les adhérents de Kaol Kozh dans le cadre du marché annuel des semences et plants. Pour plus de renseignements, contactez Ivan Sachet à la FRAB, Tél. 02.99.77.32.34

L’association est ouverte aux paysans, jardiniers, consommateurs et associations soucieux de préserver la biodiversité bretonne. Son action couvre les Côtes d’Armor, le Finistère, l’Ille et Vilaine, la Loire Atlantique et le Morbihan. Ses objectifs se veulent transversaux pour répondre à cette problématique d’utilité publique qu’est la préservation de la biodiversité.

Pourquoi Kaol Kozh ?

Pendant des millénaires, les paysans ont semé, planté, sélectionné et multiplié : tout ce travail de préservation et d’enrichissement de la diversité végétale est aujourd’hui remis en cause. En effet, au cours des cinquante dernières années, le développement de l’industrialisation en agriculture a conduit à une très forte réduction de la diversité des espèces cultivées au profit de quelques variétés plus intéressantes pour certains acteurs économiques. L’organisation de la sélection, de la multiplication et de la commercialisation des semences et plants s’est mise en place bien en amont des fermes et la plupart des paysans ont, sur ce plan, perdu leur autonomie en faveur du secteur marchand spécialisé. L’introduction des Organismes Génétiquement Modifiés, présentés par ses promoteurs comme une avancée technique, constitue en fait un pas de plus vers une soumission des paysans et des milieux naturels à une logique de rentabilité et de standardisation portée par seulement quelques groupes agro-industriels. S’il est franchi, ce pas sera irréversible : au delà d’une impossible coexistence des filières OGM / non OGM, les opérateurs qui fabriquent les OGM disposent de fait d’un monopole, grâce aux droits de propriété intellectuelle (Brevets et Certificats d’Obtention Végétale) et aux lois sur la commercialisation des semences (catalogue commun). Ce monopole leur permettra de s’imposer sur les semences non-OGM en les polluant, les transformant et ainsi causer leur disparition. Le développement des OGM est donc incompatible avec le maintien de la biodiversité. Il signifie aussi la disparition d’un patrimoine régional irremplaçable et rend impossible toute alternative à une agriculture industrielle qui montre ses limites. Dans ce contexte, des travaux, actions, études dans le cadre de l’évaluation et de la multiplication participative des semences anciennes adaptées à nos terroirs sont plus que jamais nécessaires. La bio, un mode de production qui promeut la biodiversité Résolument tournée vers l’expérimentation et l’enrichissement de la biodiversité existante, l’agriculture biologique fait preuve depuis des années d’une capacité d’innovation trop souvent méconnue. Le réseau bio propose au quotidien des modes d’amélioration des systèmes agricoles alternatifs aux solutions soutenues par le modèle agro-industriel. Il soutient que les ressources locales actuelles, mieux gérées et mieux mises en valeur, pourraient permettre de nourrir la planète sans recours aux OGM et sans aliénation des paysans à des groupes industriels. Dans la région, de multiples initiatives ont vu le jour pour préserver la biodiversité naturelle mais aussi diffuser et mieux faire connaître la diversité issue des pratiques biologiques. Ce sont par exemple :
- La sélection participative et la multiplication des semences
- La préservation des races rustiques et anciennes
- La gestion et l’entretien du bocage

Kaol Kozh : Un fonctionnement cooperatif

La semence est la copropriete de tous les adherents de Kaol Kozh
- - Kaol Kozh recense les varietes des differents terroirs bretons pour conserver le patrimoine genetique ; les adherents font don de semences a Kaol Kozh
- - Kaol Kozh missionne certains adherents afin de produire la semence, selectionner ou ameliorer les varietes. Elle les distribue entre les adherents demandeurs
- - Les producteurs de semences sont indemnises pour la mission effectuee et la mise a disposition de moyens (terre, outils, …)
- - Kaol Kozh defend le droit ancestral des paysans a produire leur propre semence devant les instances nationales, europeennes et se met en contact avec les associations qui poursuivent le meme but